Un mariage harmonieux pour conserver la biodiversité et veiller à notre santé


Par Gabrielle Spénard-Bernier


Qu’ont en commun la ville, la nature et l’agriculture? La biodiversité est en effet un élément essentiel et vital pour que ces trois structures qui nous maintient en bonne santé. Par manque d’harmonie, les milieux urbains et l’agriculture créent une pression sans précédent sur la nature. L’étalement urbain et la demande grandissante pour des terres agricoles productives grugent tous deux dans l’espace qu’occupent les milieux naturels, en plus de déséquilibrer un équilibre sacré, au détriment de la santé humaine. Maintenant, comment réunir harmonieusement cette triade fondamentale?

Pour résumer la panoplie d’articles et de revues scientifiques sur la biodiversité et ses services écosystémiques, faisons une analogie amusante avec la diversité phénoménale de microorganismes dans notre intestin, notre flore gastro-intestinale. La population de bactéries habitant nos intestins est tout à fait essentielle pour l’absorption des nutriments et d’une portion de l’eau dans notre nourriture, contribue au maintien de notre poids et favorise même la bonne humeur. Les probiotiques sont utiles pour diversifier et accroitre cette population, tandis que les prébiotiques sauront nourrir et soutenir celle-ci. La biodiversité de la faune et de la flore est tout aussi importante que notre flore intestinale, sinon plus si nous considérons que celle-ci soutient littéralement le monde entier. C’est pourquoi la prévention d’un déclin de la biodiversité passe systématiquement par le maintien des milieux naturels.

Si nous prenons la superficie de la ceinture verte du Grand Montréal, seulement 11% du territoire est occupé par des milieux urbains, tandis que les terres agricoles représentent près de la moitié  avec 48%. Parce que l’agriculture contribue grandement à la destruction des milieux naturels et des milieux humides, et conséquemment à la perte de biodiversité, il est fort important de miser sur la cohabitation harmonieuse du territoire. Ensemble, l’agriculture et l’étalement urbain amplifient le stress des écosystèmes en contribuant à la destruction des habitats pour la faune et la flore régionale, ainsi qu’à la fragmentation des milieux naturels. Créer des corridors naturels intermunicipaux serait donc plus que bénéfique, pour nous et pour notre environnement naturel.

Et si le fait de reconnecter avec la nature avait un impact direct et positif sur les pratiques agroenvironnementales! En fait, encourager l’intégration du milieu agricole à la population permet à celle-ci de se réapproprier la réelle nature des pratiques agricoles et augmenter la demande locale en aliments. Heureuse conséquence : favoriser une agriculture plus diversifiée et encourager l’industrie agroenvironnementale à (re)connecter avec la nature. De retour à nos racines, tout simplement!

En misant sur un réseau dynamique de milieux naturels et agricoles protégés, le Mouvement Ceinture Verte (MCV) rétablie progressivement la paix et l’harmonie entre les alliés indissociables que sont la ville, la biodiversité de la nature et l’agriculture.

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